Portfolio Categories : Ateliers de peintre et France.

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Portrait de Toni Grand réalisé par François Lagarde entre 1984 et 1985 à Mouriès (Bouches-du-Rhône, France).

© François Lagarde / Adagp Paris

TONI GRAND (Antoine Grand)

Né en 1935 à Gallargues-le-Montueux (Gard, France) et décédé en 2005 à Mouriès (Bouches-du-Rhône, France).

Vues d'atelier datant de 1984 - 1985 (Mas du Mouton, Mouriès - Bouches-du-Rhône, France).

Vues d'exposition datant de 1979 - 1983 (Galerie Eric Fabre - Paris, France ; Biennale de Venise - Italie ; Fort de Salses - Pyrénées-Orientales, France)

Autodidacte provincial, Toni Grand débute sa réflexion sur la sculpture, dès les années 1950, alors qu'il n'est encore qu'un adolescent. Au collège d'Aigues-Vives il rencontre le peintre Claude Viallat, de qui il restera proche tout au long de sa vie.  Après des études aux Beaux Arts de Montpellier, Toni Grand partit perfectionner son métier de sculpteur dans divers ateliers parisiens, notamment auprès de Marta Pan (elle même élève de Brancusi), pour participer à ses premières expositions au milieu des années 1960.

Travaillant à ses débuts le fer, c’est ensuite vers la réalisation de structures en plomb, polyester et acier inoxydable que Toni Grand exerce ses activités de sculpteur jusqu’en 1967, année durant laquelle il exposa à la Biennale de Paris. Puis, jusqu’en 1975 il choisit de travailler exclusivement le bois. Il pratique alors ce qu’il appelle une « lecture déconstructive » de la sculpture traditionnelle, en ceci qu’il s’interroge sur la préexistence du matériau et non sur une forme préconçue et projetée dans la matière par l’artiste. Toni Grand définit ainsi sa sculpture comme une sculpture « immédiate », où « il n’y as pas un avant». Il explore ainsi toutes les possibilités d’invention du bois : débiter, équarrir, couper, fendre, abouter, associer.

C’est pour son attachement à la simplicité et à « l’honnêteté » du matériau que Toni Grand est souvent associé au mouvement Supports-Surfaces. Loin de vouloir dominer la matière, l’artiste tente d’en révéler toutes les capacités plastiques et expressives, de sorte que la forme aboutie soit démonstrative du geste de l’artiste.

En 1975, il découvre le polyester stratifié, qui a l’avantage d’épouser la forme qu’elle recouvre, comme une seconde peau. Toni Grand associe ainsi ce nouveau matériau, au bois, aux os et aux pierres, ce qui lui permet de s’interroger sur les relations entre le naturel et l’artificiel.

Son œuvre gagne en profondeur, à partir de 1986, lorsqu’il ajoute à ces sculptures des éléments du vivant fossilisés : des anguilles et des congres trempés dans la résine. Par l’ajout de ces éléments, Toni Grand tend vers la sobriété des moyens à travers l’usage de matériaux sans valeur, sans histoire ni détail et donc sans perception temporaire. Ses sculptures portent ainsi en elles un caractère perpétuel et inaliénable, alliant le végétal et l’architectural, le primitif et le savant.

Toni Grand enseigna à l’École des Beaux Arts de Paris jusqu'en 1976, à Marseille puis à Nîmes à partir de 1986.