Portfolio Categories : Ateliers de peintre et France.

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Portrait de Jean Capdeville réalisé par François Lagarde en 1985 à Céret (Pyrénées-Orientales, France).

© François Lagarde / Jean Capdeville

JEAN CAPDEVILLE

Né le 13 septembre 1917 à L'Albère (Pyrénées-Orientales, France) et décédé le 30 juillet 2011 à Céret (Pyrénées-Orientales, France).

Vues d'atelier datant de 1985 (Céret - Pyrénées-Orientales, France).

Vues d'exposition datant de l'été 1985 (Château de Castelnau - Hérault, France)

Jean Capdeville, à la fois peintre et graveur, est né le 13 septembre 1917. L’année suivante son père meurt au front. Dès lors, sa mère ne portera que du noir ; un noir qui envahira les toiles de Jean Capdeville jusqu’à sa mort.

A 18 ans, Jean Capdeville fait son service militaire puis s’engage en 1937, avant d’être prisonnier de guerre en Allemagne de 1940 à 1945. A son retour à Céret, très abattu et sans projet, Jean Capdeville s’inscrit à un cours de dessin par correspondance : ce sera son seul apprentissage artistique. Il commence ainsi sa carrière de peintre à l’âge de 30 ans (1947), porté par les interrogations plastiques de son temps. Il peint des paysages lyriques et expose pour la première fois à l’Hôtel de ville de Céret l’année suivante.

Bientôt, les paysages laissent place à de drôles de personnages désignées comme « les burlesques », où se mêlent graffitis, collages, caricatures et gribouillages : une manière d’exorciser le réel par le grotesque. Au fil du temps, ces personnages sont abandonnés au profit de paysages intérieurs où les allusions figuratives se font plus discrètes afin de proposer une peinture plus allégée, aérienne. Les formes s’effacent au profit de la couleur, le geste est franc. Sa peinture semble progressivement glisser vers une esthétique de la disparition, où le noir arrive par touches, aplats, puis vient totalement envahir le fond de la toile dès le milieu des années 1970. « Je suis passé très tôt au noir. Aucune autre couleur est autant chargée de sens. Il peut évoquer la pauvreté comme le faste. Tout peut se dire avec lui. » Aux masses noires, se joignent également des chiffres, en tant qu’élément constitutif du champ pictural, puis des motifs géométriques mêlés à des traits de couleurs primaires.

Très tôt, Jean Capdeville s’intéresse également au livre, et s’implique dans un travail de gravure lié aux Editions Maeght : contrat qui durera 10 ans. Il illustrera ainsi de ses gravures de nombreux livres de poésie dont il tente de capter l’essence. De Georges Badin en passant par Jacques Dupin, Gaston Puel, ou encore Edmond Jabès, une quarantaine d’ouvrages portent sa patte.

Profondément lié à la Catalogne, Jean Capdeville, malgré des séjours à Barcelone et Paris ne quittera jamais sa région natale. Fort de vouloir exister hors du modèle parisien, c’est donc à Céret que Jean Capdeville exercera, durant plus de 60 ans, son activité de peintre, au deuxième étage de sa maison, peignant à même le sol.

Œuvres de la collection:


Sans titre, 1979-1980

Jean-Luc Auriol et Alain Gineste


Sans titre, 1984

Crédit photographique : Francisco Artigas