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Portrait de Daniel Dezeuze réalisé par François Lagarde entre 1984 et 1985 à Sète (Hérault, France).

© François Lagarde / Adagp

DANIEL DEZEUZE

Né en 1942 à Alès (Gard, France).

Vues d'atelier datant de 1984 - 1985 (Sète - Hérault, France).

Vues d'exposition datant de 1971 - 1980 (Galerie Jean Fournier - Paris ; Galerie Artline - La Haye, Pays-Bas).

Daniel Dezeuze est né le 1er février 1942 à Alès d'un père artiste peintre. Il fait ses études aux Beaux-Arts de Montpellier (1959-1962) avant de partir pour l'Université de Mexico où il étudie l'architecture et l'urbanisme (1964-1965). Daniel Dezeuze part ensuite effectuer son service militaire au Canada ; l'occasion pour ce jeune artiste de s'initier aux divers courants de la peinture américaine. A son retour en France, Daniel Dezeuze choisit de s'installer à la capitale. Il devient l'un des membres fondateur du groupe Supports-Surfaces (1970-1972) et participe à la revue Peintre, Cahiers théoriques.

L'oeuvre de Daniel Dezeuze traite de la notion de vide et d'espace à travers un réexamen radical de la peinture par la réappropriation de ses composants matériels. C'est ainsi qu'à partir de 1967 Daniel Dezeuze expose des châssis nus, privés de leur toile, parfois recouverts d'un film plastique. Par cet acte, l'artiste remet en cause la notion même de tableau afin de saisir la réalité matérielle du support. Le châssis, alors dépossédé de son image, apprivoise le vide, dessine l'espace. Les échelles, extensibles et claies inachevées portent en elles le même dessein: mettre en lumière les relations spatiales qu'entretiennent les œuvres et leurs espaces de monstration par un processus de déconstruction.

En parallèle, Daniel Dezeuze exécute des découpages de tarlatanes colorées (1973-1983) et des collages de gazes découpées peintes ou griffées, de bitume, de rubans adhésifs, de feutres etc. Légère et transparente, la gaze s'oppose à l’opacité de la toile et confère à ses productions un caractère vaporeux et immatériel, tout en permettant à l'artiste de renouer avec le vocabulaire de la peinture ; vocabulaire qu'il réemploie également dans ses séries de dessins à la craie, au pastel et à la mine de plomb sur papier.

Les années 1980 marquent un tournant dans l’œuvre de Daniel Dezeuze. Les notions de vide, d'espace et de transparence laissent place à des assemblages d'objets issus du réel : portes calcinées, planches cloutées, armes, arbalètes... Sa série Objets de cueillette (1993) est notamment démonstrative de ces prérogatives nouvelles. Confectionnée à partir d'éléments disparates (bois, métaux, plastiques, cordages et objets usagés), Daniel Dezeuze réinvente les objets du quotidien, devenus objets de récupération, et leur insuffle une utilité nouvelle : ustensiles imaginaires de braconnage, ces constructions appartiennent dès lors à l'univers sensible de Daniel Dezeuze.