Portfolio Categories : Ateliers de peintre et Italie.

TITLE HERE

Portrait d'Alighiero Boetti réalisé par François Lagarde entre 1984 et 1985 à Rome (Italie).

© François Lagarde / Adagp Paris

ALIGHIERO BOETTI

Né le 16 décembre 1940 à Turin (Italie) et décédé en 1994 à Rome (Italie).

Vues d'atelier datant de 1984 - 1985 (Rome - Italie).

Alighiero e Boetti a toujours revendiqué son statut de peintre, même si, à l'âge de 22 ans, il s'en éloigne pour se familiariser avec d'autres techniques et matériaux empruntés au monde industriel : collage, pochoir, tampons, décalcomanie, frottage, calligraphie et sculpture. Cette pluralité de mediums lui permit de s'intégrer dans la mouvance de l'Arte povera, lorsqu'en septembre 1967, il participe au côté de Mario Merz, Michelangelo Pistoletto ou encore Giulio Paolini à l'exposition collective "Arte povera", qui donnera son nom au mouvement.

Il s'éloigne néanmoins rapidement de cette mouvance, et quitte dès 1969 son atelier de Turin pour Rome. Dès lors, il décide de "recommencer à zéro avec un crayon et une feuille de papier", élément qui devient un support majeur de son travail. Souvent quadrillée, cette simple feuille de papier lui permet de déployer des processus conceptuels touchant à l'élaboration de formes géométriques et à l'exploration du langage. En effet, Boetti porte une attention particulière au langage et tente de faire jaillir tout le potentiel poétique des lettres, mots, chiffres, nombres, phrases, codes ou dates. En cela, il s'inscrit davantage dans des expérimentations touchant à l'art conceptuel à travers des problématiques liées à la duplication, à la symétrie et aux multiples.

A partir de 1971, l'artiste entreprend une série de voyages en Orient, où il sollicite l'aide d'artisans afghans pour la réalisation de sa première Mappa : carte géographique dont les territoires sont habillés par les motifs colorés de leurs drapeaux. En 20 ans, plus de 150 cartes de différentes couleurs et dimensions sont brodées, illustrant ainsi les changements politiques et l'engagement de l'artiste dans la géographie sociale.

Pour la réalisation de ses Mappa, Boetti met en application l'idée d'une collaboration fondée sur le partage du travail : principe qu'il érige en véritable processus, notamment pour son œuvre En alternant de 1 à 100 et vice versa (1993). Après avoir créé un ensemble de grilles, Boetti sollicite l'intervention de professionnels du milieu de l'art dans le but de noircir les cases selon leurs goûts. Ces planches quadrillées sont ensuite confiées à des tisserands afin de réaliser des tapis suivant ces modèles. La rigueur du quadrillage déterminé par Boetti se heurte ainsi à l'aléatoire du remplissage des cases ; de la même manière que le processus conceptuel se heurte aux conditions de réalisations manufacturées.

Œuvres de la collection: